Mercredi 17 juin 2009

La ville est la ! Tel un masque de kabuki, elle nous regarde droit dans les yeux, sans tricher. Nous sommes arrives a Tokyo ! De prime abord, la capitale du Japon n’aime pas les faux-semblants. Elle se livre tout net et d’un bloc, en opposition entre jardins et beton.




Apres avoir depose nos bagages a Asakusa, le cœur battant de la ville basse, le quartier d’affaires de Shinjuku est notre seconde destination avec son bataillon de gratte-ciel. Vite ! nous nous envolons en moins d’une minute au dernier etage du plus haut batiment de la ville, le Tokyo Metropolitan Government Building - autrement dit, l’hotel de ville - une sorte de ruche administrative portant pour l’heure haut et fort les couleurs de Tokyo comme candidate a l’organisation des Jeux Olympiques de 2016. Les deux tours jumelles de l’edifice domine la cite a pres de 250 metres au dessus du plancher des vaches, mais on est bien loin d’etre a Varanasi ici.



Le jardin Shinjukugyoenmae


Tokyo Shinjuku et son bataillon de gratte-ciel


Une vue plongeante du Tokyo Metropolitan Government Building

Nous souhaitons bonne chance a Tokyo. Nous lui souhaitons surtout bon courage, vu l’etat de delabrement moral et le manque de transparence du CIO depuis une bonne vingtaine d’annees. La situation merite d’etre rappelee. Nous nous faisons porte-parole a notre petit niveau afin de denoncer cet etat de fait.



Le quartier de la gare centrale

      
Une ville multicolore entre nuit et jour

Qui a dit que Tokyo est une ville inhumaine ou il est impossible de trouver son chemin? Certes, a priori, se reperer dans cette fourmiliere n’est pas aise, car nous constatons avec surprise l’absence quasi totale de noms de rue. Toutefois, la gentillesse des tokyoites n’est pas une legende et en plus d’etre impeccables, les stations du metro sont numerotees et inscrites en anglais en tout lieu. De plus, tout est fait pour que les aveugles y soient autonomes dans leurs deplacements, alors pourquoi pas les valides ?



Tokyo Ochanomizu - Jeu de construction

    
Entre metro a l'ancienne et Yurikamone futuriste

On peut ainsi parcourir en toute securite, avec une bonne carte et grand plaisir, les quartiers phares de la ville : Asakusa le populaire, Shijuku le pressé, Ginza le luxueux et Shibuya l’excentrique, sans oublier Odaiba, le quartier pres des anciens docks, gagne sur la mer, la cite du 21eme siecle avec son Yurikamone, un train a pilotage automatique qui flotte sur les eaux et enjambe l’immense Rainbow Bridge tel un manege dans une fete foraine a grande echelle.



Tokyo Ginza ...


... un air de Time Square et ...


... l'empire du luxe


Tokyo Shibuya - chaotique et excentrique

Tokyo demeure la cite culturelle la plus developpee d’Asie. Tel un Paris d’Extreme Orient, les musees y foisonnent et une jeune generation d’artistes eclectiques, decomplexes et touche-a-tout, comme ceux exposant au Musee d’Art Contemporain, y devoile les tentances des annees a venir.



Le Musee d’Art Contemporain


Monstrueuse Saperly en technicolor !


Bien sur, vous ne serez pas etonnes d’apprendre que Saperly ne pouvait rate ce passage. Elle evolue a souhait dans cette univers urbain tel un poisson dans l’eau. Apres un bout d’essai peu convainquant pour une super production intitulee « Monstrueuse Saperly », elle vient tout juste d’etre engagee par une societe de dessins animes et est en passe de devenir une star.


Saperly, la star des cartoons a Tokyo


Autres stars nipponnes omnipresentes

Nous aussi nous goutons notre plaisir. Au cours des trois dernieres semaines, le Japon nous est apparu comme plus incroyable et surprenant qu’attendu. Les visites de Beppu, d’Hiroshima et d’Okayama nous ont particulierement marques. Kyoto notamment a raisonne comme un poeme et une promesse d’avenir pour la planete. Depuis la signature de son celebre protocole eponyme, la ville est devenue synonyme d’espoir pour tous.

Avec des infrastructures etendues, efficaces et propres, sans toutefois alterer les delais et la qualite de vie des usagers, le pays fait aujourd’hui la demonstration que la mise en place de transports en commun soignes et prioritaires contribue largement a la limitation des emissions des gaz a effet de serre. Tokyo ne fait pas exception a cela. Malgre son gigantisme, la ville reste une megalopole ou il fait bon respirer et se deplacer.


Tokyo, l'ecologie urbaine


Des transports rutilants arrivent ainsi a l’heure ; les annonces sont legion ; les conducteurs de bus et de tramways demeurent d’une probite a toute epreuve et jouent imperturbablement de l’oreillette afin de communiquer entre eux et faciliter le trajet ; les controleurs quant a eux saluent imperturbablement les passagers en courbant legerement l’echine a chaque changement de voiture. Nous sommes tous les jours ebahis par ces pratiques et surpris par l’absence de 4X4 et plus generalement par le peu de vehicules individuels circulant en ville.

Malgre ce penchant marque pour l’ecologie urbaine, l’hygiene demeure la preoccupation premiere des japonais. Pour orchestrer le tout, un seul mot d’ordre : la discipline. Le japonais s’abstient de telephoner dans la rue, il n’y fume pas et il n’y mange pas. Ainsi, l’aspect utilitaire et formel traverse-t-il cette societe seculaire de part et d’autre. Tout y est pense dans le sens de l’optimisation a outrance et de la prevention, parfois-meme jusqu'a l’obsession.

La modernite japonaise teintee de tradition bouscule nos reperes et nous surprend au quotidien. Herve D n'oubliera pas ce salon de coiffure dans le sud du pays ou les prestations sont prepayees a l'entree a l’aide d’un automate distributeur de tickets et ou la coupe se termine a grand coup d’aspirateur sur la tete. Ca decoiffe ! Nous nous souviendrons aussi de ce concierge d’hotel, lors de notre passage a Fukuoka, tres embarrasse par le fait que nous, deux hommes, demandions une chambre double meme en twin beds, et qui a tarif equivalent s’est arrange pour nous placer dans deux chambres mitoyennes.

Entre tradition et modernite, la societe japonaise reste donc petrie de codifications qui ne sont pas exactement synonymes de tabous, mais plutot de regles immuables. On peut enfreindre les codes vestimentaires, cependant, ne pas respecter les regles d’un point de vue comportemental, c’est s’exposer a des difficultes relationnelles avec les autres, face a des interlocuteurs genes, pas forcement agressifs, mais qui quoi qu’il en soit auront une reaction de rejet collective et solidaire.



Pourquoi pas ?


Plus traditionnel

Nous garderons aussi longtemps le souvenir de notre premier diner a Fukuoka ou le gout des takamaki et maki resonne encore en nos palais. L’ambiance restaurant de quartier et vieux messieurs cuisiniers ajouta un rien de chaleureux a l’aspect gustatif.


    

La French touch et Saperly qui ne s'est pas trompe de table pour notre depart


Les immanquables sushis, bon appetit !


Au Japon, la nourriture est variee et facilement accessible, a la difference des distributeurs de billets qui de façon surprenante n’acceptent que rarement la carte Visa pour retirer des especes. Il faut parfois tourner longtemps pour reussir a se reapprovisionner. Cela fait partie des nombreux paradoxes, tout comme les kilometres de cables electriques qui parcourent les ruelles des villes pourtant impeccablement tenues. Cela contribue au charme du pays d'une certaine maniere.


 


La lac Yawagushiko dans la region du Fujiyama


Demain soir, 25 mai 2009, 180eme jour apres notre depart, nous serons de retour en France. Tokyo aura constitue le point d’orgue d’un projet de plus d’un an - en comptant sa preparation - qu’il nous aura tenu a cœur de mener jusqu’au bout a l'instar de ce blog, en parcourant huit pays, de multiples provinces et un patchwork d'ethnies et nations asiatiques. Des centaines de visages reviennent a nos memoires, nous ne sommes pas prets de les oublier.


Tokyo - 25 mai 2009, 5h30 du matin

Grande va etre notre emotion, une fois passee la barriere blanche de la petite maison de Normandie ...

                                                                          

Merci a toutes celles et a tous ceux qui, tout au long de notre aventure, nous ont contactes et encourages. Vos sympatiques commentaires sont arrives a nous comme autant de petits moments de bonheur precieux.

Herve Dohen et Herve Martin – ambasia@orange.fr

Saint-Pierre des Loges, vendredi 11 juin 2009

Par rvetrv - Publié dans : Japon
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Dimanche 14 juin 2009

C’est a Uzumasa, petite ville situee a l’est de Kyoto que nous elisons domicile dans l’ambiance familiale de la chambre d’hotes Bola Bola situee dans un quartier populaire (5.000 yens la double sur tatamis et futons, avec cuisine et sanitaires partages, tres propre). Cette immersion dans le quotidien nippon est facilitee par les bons conseils du maitre des lieux. Les autres invites, suedois et americains, forment avec nous une sorte de petite famille partageant boites de bento et salades de fruits maison en toute convivialite lors du repas.


Uzumasa - une ambiance populaire aux portes de Kyoto

Nous sommes le 15 mai, jour du Aoi Matsuri. Ce festival qui date du 8eme siecle etait a l’origine un rite de purification shinto. Aujourd’hui, il s’agit d’une vaste procession de figurants allant du Palais Imperial au mausolee Shimogamo-jinja, en plein centre ville. Malgre l’interet des costumes de l’ere Heian, l’absence de musique rend le defile un peu monotone. Nous sommes plutot habitues au defile annuel du 14 juillet, haut en couleur et en musique.

    

   
Kyoto - le festival Aoi Matsuri

La ville de Kyoto ne compte pas moins de 2.000 edifices religieux et pour ne pas en arriver a faire une indigestion “shinto-bouddhiste”, il convient d’alterner les visites entre lieux spirituels, historiques, traditionnels et modernes. 

Pour profiter du calme et de la magnifique vue de la terrasse du temple Kyamizu-Dera qui repose sur une forêt de piliers de bois a flan de coteau, nous nous empressons d’arriver sur place tres tot, des l’ouverture a 6h30. Il s’agit du prix a payer pour eviter la foule bruyante des etudiants, si redoutée. Dans la fraîcheur des lieux, nous sommes alors recompenses de notre effort par le rituel matinal des moines priant au son du tintement de cloche.

 

   

Kyoto - le temple Kyamizu-Dera au matin

Plus loin, meme si l'aspect exterieur du temple Sanjusangen-Do - considere comme le plus long batiment en bois du monde - ne presente que peu d'interet, l’interieur est subjuguant. Dans une lumiere tamisee, nous fait ainsi face, une armada de mille et unes statues dorees representant la deesse de la misericorde Kanon. Toutes sont soigneusement alignees sur une estrade sans fin avec pour chacune une vingtaine de bras et un visage subtilement different. Cet ensemble est protege au premier plan par vingt-huit gardiens grimaçants et au centre une deesse aux proportions impressionnantes.


Kyoto - le temple Sanjusangen-Do

Encore tout emus par cette epoustouflante rencontre, nous chinons dans les brocantes environnantes des petites rues animees du quartier. Bien que les larges avenues passantes et sans ames ne soient jamais bien loin, cette flanerie nous fait decouvrir un Kyoto calme et populaire, fait de petites maisons de bois et d’echoppes tenues par de vieilles dames.


Kyoto - la passion des plantes et une certaine douceur de vivre

Kyoto - jeunes filles apprenties Geishas

Le lendemain, la pluie ajoute au romantisme de la promenade et teinte de multiples nuances les mousses le long du chemin de la philosophie pres duquel coule un vieux canal. Nous nous prenons a rever d’un jardin japonais en Normandie, avant de rejoindre le tres beau temple Nanzen-ji qui s’ouvre sur des espaces de meditation particulierement apaisants. Dans les salles donnant sur les jardins, sont exposes des paravents peints datant du 17eme siecle et d’une modernite saisissante.


Kyoto - un jardin sec au temple Nanzen-ji

Plus loin, ce qui caracterise le Ginkaku-ji, communement appele “temple d’argent”, c’est son jardin sec concu autour d’un cone de sable blanc tronque en son sommet et symbolisant une montagne. Tout autour, les graviers blancs sont chaque jour soigneusement peignes, laissant libre cours a l’imagination. Des jardiniers perches dans des pins taillent minutieusement leurs cimes a l’aide de petits secateurs. Ils agissent avec precaution et portent des chaussons de feutre aux pieds pour ne pas abimer les vegetaux. Des filets sont alors tendus pour recuperer la moindre epine tombee qui pourrait perturber le calme des bassins alentour. Tout est mis en oeuvre pour ne pas deranger l’equilibre fragile des lieux. La delicatesse de ce jardin tout en courbe et aux splendides perspectives nous enchante.


la minutie des orfevres jardiniers

 
non Saperly ! C'est pas le Fujiyama

A la difference du Ginkaku-ji qui n’a d’argent que le nom d’emprunt, le Kinkaku-ji, semblant flotter sur un miroir d’eau, est entierement recouvert de feuilles d‘or. Suite a un incendie, il a ete reconstruit dans les annees 1950. Aujourd’hui, le “temple d’or” est l’edifice le plus visite de Kyoto, de ce fait il y est bien difficile de ressentir la quietude originelle des lieux au milieu du flux continuel des touristes venus du monde entier pour decouvrir ce splendide joyau. A notre epoque, on se heurte a certaines limites et un vrai dilemme existe entre volonte de developper la culture aupres du plus grand nombre et celle de preserver la serenite des lieux.


Kyoto - le temple d'or, Kinkaku-ji

Au Japon, le 21eme siecle n’est jamais tres loin et le Shinkansen, train a grande vitesse, contribue largement au deplacement des foules. Quelques heures plus tard, nous voici arrives a Nikko ou a la nuit tombee, notre sympathique hotesse du Nikko Narusawa Lodge, vient nous chercher a la gare dans sa Mini Cooper rouge vif au son de Chris Rea. Pimpante avec son bonnet visse sur la tête, elle nous rappelle avec humour que nous sommes au pied de la montagne et que les nuits sont fraiches ici en mai.


le Shinkansen, TGV japonais

Nikko est une escale bucolique, un poumon de verdure a seulement deux heures de Tokyo. Avant de plonger dans l’immense capitale, rien ne vaut donc un bon bol de chlorophylle ! La petite ville s’etire le long de la riviere Daija Gawa et est dominee au nord par quelques monts aux cimes enneigees brillant sous le soleil. La bourgade un peu endormie et vieillotte nous invite a partir pour une belle randonnee.

Trente kilometres plus au nord, nous enfilons nos chaussures de marche pour une balade de cinq heures depuis le charmant petit lac Yumoto jusqu’au lac Chuzenji-ko. Plonges dans un calme profond tout juste perturbe par la clameur des oiseaux, nous traversons des forets, puis de grandes etendues marecageuses. Les tableaux sont changeants et de belles cascades, notamment les chutes Yudaki et Ryuzu, soulignent le paysage. Malgre le prix eleve du voyage en bus aller-retour pour atteindre les lieux (5.300 yens pour deux personnes), cette magnifique randonnee se revele etre tres bien balisee et vaut grandement le detour.


le lac Yumoto, non loin de Nikko







A Nikko, les 17 et 18 mai, se tient chaque annee le festival du sanctuaire Tosho-gu. Aussi, en plus de la visite des temples de la ville, ne nous est-il pas permis de manquer cette occasion de decouvrir une nouvelle procession de mille guerriers dont les samourais forment l’attraction principale. Deja, cependant moins dense que celle rencontree a Kyoto, une foule s’affaire, attendant patiemment le defile. Le temps est au beau fixe et on apercoit au loin les habits traditionnels et colores des premiers participants. A leur passage, la parade reste silencieuse mais le moment est magnifique.

   
Nikko - le festival du sanctuaire Tosho-gu




Nikko - le festival du sanctuaire Tosho-gu

Nous sommes ravis d’un tel depaysement avant de visiter le sanctuaire du Tosho-gu, veritable prouesse baroque de l’epoque Momoyama au 16eme siecle. Le Yomei-mon, litteralement “portail de la lumiere du soleil” et symbole des lieux, est sculpte de cinq cents effigies animales. Ce sanctuaire shinto est accompagne de temples non moins interessants comme le Rinno-ji, mais surtout leTaiyu-in qui, du haut d’une terrasse blottie dans les bois, domine un escalier majestueux a angle droit.


Nikko - le portail de la lumiere du soleil, temple Tosho-gu

Deja, nous sentons qu’il est bien difficile de quitter la spiritualite Shinto. Elle nous surprenant par son recueillement et sa ferveur. Tokyo apparait pourtant en pointe de mire depuis le debut de notre voyage et voila que nous entamons notre derniere etape apres six mois de periple. Nos sentiments sont alors partages entre la febrilite de decouvrir l’une des plus grandes capitales du monde et la tristesse de finir notre route la-bas.

Par rvetrv - Publié dans : Japon
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Mardi 19 mai 2009

Dans notre petit train impeccable, nous filons doucement depuis Hiroshima vers Okayama. Nous sommes le 10 mai, Herve M fete aujourd'hui ses 40 printemps. Ce matin, nous n'avons pas pu nous empecher de fondre en larmes devant notre cafe. La fin approche, les milliers de visages souriants qui ont parsemes notre voyage se bousculent dans nos esprits et tous ces souvenirs nous immergent. Quelle experience !

Nos epanchements du moment tranchent avec les japonais qui nous semblent etre uniformes et constants dans leurs traits de caracteres. Deux adjectifs principaux nous viennent a l'esprit. Ce peuple est incroyablement reserve et serviable. Selon les cas, cela peut friser l'obsequiosite, voire meme degage une sorte d'indifference. Etrangement, la diversite des looks et des styles de vie, le tout fondu dans une modermite ou la technologie est centrale, n'entache en rien cette attitude et ce comportement assez neutre tout nippon qu'il soit. En fait, il s'agit d'un heritage culturel qui aux yeux des occidentaux passe pour etre d'un extraordinaire exotisme et d'une exceptionnelle longevite.

  
Japon, pays de constance, entre modernite et tradition

La visite de l'ile de Miyajima, ce symbole fort du Japon eternel, aura represente un moment fort. Ce petit village de deux mille ames, haut lieu du shintoisme, est connu pour son torii de 17 metres de haut rouge vermillon, plante dans le sable. depuis des siecles, il fait fi des elements et se mire dans la mer interieur face au sanctuaire Itsukushima-Jinja. En maree haute l'ensemble prend toute sa dimension.

  
Miyajima - nature et spiritualite                  Miyajima - ceremonie shintoiste


Miyajima - le sanctuaire de Itsukushima-jinja


Miyajima - Saperly pose pour la carte postale devant le Torii geant

Meme si le monde technologique dans lequel le pays evolue est facteur de competition, de performance et de stress, le Japon persiste a cultiver un certain art de vivre. Le concept de wabi-sabi, s'opposant a l'idee formelle d'ordre et de rigueur, se base sur la reconnaissance de la beaute sereine et melancolique des choses imparfaites, impermanentes, incompletes et depouillees, il tend a considerer l'instant a sa juste valeur et se consacre a l'essentiel, la beaute vraie de ce qui passe. Il s'agit d'un style de vie qui apprecie l'esthetisme naturel des choses et les valeurs simples. Cette philosophie est basee sur le fait que rien ne dure, que rien n'est jamais termine et que donc tout reste imparfait, y compris soi-meme. Il s'agit d'une acceptation des choses petites ou grandes a leur juste niveau d'authenticite.

Bien qu'au Japon, dans beaucoup de formes artistiques le resultat peut paraitre d'une simplicite presque evidente, la maitrise provient generalement de la recherche du soi dans le silence, laissant alors peu de place au hasard et a la fantaisie. Dans l'art de la presentation de la nourriture (kaiseki), mais surtout dans l'art floral (ikebana), alors que les occidentaux tendent vers l'accentuation des couleurs et des formes par le nombre et la diversite, les japonais se concentrent sur l'aspect essentiel et lineaire, axe sur trois points, le ciel, la terre et l'humanite.


ikebana, l'art du bouquet japonais

De la meme facon, on retrouve ce souci d'absolu et de non clinquant dans le jardin japonais concu pour etre modifie par l'homme et esthetiquement ameliore par la patine du temps. L'arbre vieillit et le bois se deteriore. Dans l'evocation miniaturise des elements - la mer, la terre et l'eau - les jardiniers japonais recherchent des formes simples et asymetriques s'opposant a celles rationnelles et abstraites.


Okayama - le jardin Koraku-en


Okayama - le jardin Koraku-en

Le jardin Koraku-en d'Okayama, domine par son chateau eleve au bord de la riviere Asashi, a ete concu sur une vingtaine d'hectares des la fin du 17eme siecle et est considere comme l'un des trois plus beaux jardins du Japon. Il y regne un silence qui force au respect. Ce jardin oscille entre vallons, etangs et arbres subtilement tailles. L'eau y est omnipresente, surgissant d'une petite cascade ou s'etirant doucement dans des cours d'eau ou carpes Koi et tortues nagent paisiblement. Naturellement, nos pas ralentissent comme pour ne pas perturber le temps qui semble s'arreter. Chaque perspective a ete minutieusement etudiee. Cette flanerie enchanteresse est le lieu ideal pour feter l'anniversaire d'Herve M avec nostalgie et poesie.

Nos pensees restent encore empruntes des formes gracieuses et de la douce musique aquatique qui caraterise si bien ce jardin d'eden sur le trajet qui nous mene vers le chateau d'Himeji. Surnomme "le heron blanc" de part sa forme, cette forteresse force le respect. Entouree de douves profondes et de hauts murs d'enceinte. elle est comme posee a une hauteur vertigineuse, sur une solide base de pierres seches, taillees avec precision. C'est un pur modele defensif dont sa forme se stabilisera en 1608. Le tout se trouve protege dans un ecrin de verdure bouillonnante qui se detache de l'architecture noire et blanche des lieux aux lignes pures et graphiques.


Himeji - le chateau, patrimoine mondial classe a l'Unesco

  
On a pas ose le costume de Dark Vador !

Nous continuons a remonter le temps pour mieux comprendre la riche histoire du Japon qui a notre grande surprise s'avere etre multiple et forte d'influences diverses. En visitant les temples bouddhistes et shintoistes de la region de Nara, les superlatifs pleuvent. L'Horyu-ji, premier site japonais classe a l'Unesco, regroupe les plus anciens batiments en bois du monde. Apres avoir franchi la porte Chu-mon encadree de deux gardiens Nio en terre cuite chacun au regard peu engageant et datant de 711, on decouvre le Kondo, le plus ancien et le plus sacre des edifices abritant des effigies d'une tres grande valeur. Le musee propose aussi de magnifiques pieces anciennes, dont une statue de la deesse Kudara Kanon en bois de camphrier et le tabernacle de l'imperatrice Surko, tous deux datant du 8eme siecle, de la periode Asuka.


Environs de Nara - site d'Horyu-ji


Nara - l'interieur du temple Kofuku-ji

L'exploration historique se poursuit a Nara, une bourgade champetre au charme desuet, mais abritant quelques merveilles de poids. En longeant le mur d'enceinte nous menant vers le temple de Daibutsu-den, rien ne laisse percevoir ce qui nous attend derriere. Ce n'est qu'arrives devant la porte sud du site, que nous sommes litterallement subguges par le gigantisme de l'edifice considere comme le plus grand batiment en bois du monde et ne couvrant pourtant que les deux tiers de sa taille d'origine suite a une reconstruction en 1709. A l'interieur, se trouve le plus grand bouddha de bronze du pays.


Nara - le temple Daibutsu-den sur le site de Todai-ji

A ce stade de notre visite du Japon historique et religieux, notre obsession est d'echapper aux grappes de collegiens et lyceens qui se font de plus en plus nombreuses sur les sites compte tenu du joli mois de mai. Nous nous isolons sur les hauteurs de la ville plus a l'est, au Nigatsu-do, ou nous jouissons d'une belle vue sur Nara. Malgre nos tentatives d'evitement, nous sommes vite rattrapes par les groupes accompagnes de leur guides aux megaphones assourdissants. Alors que ceci enleve grandement a la magie des lieux, nous devons faire avec.


Collegiens japonais en sortie de classe ... Allez, on se lache !

Meme si tous ces batiments peuvent se targuer de superlatifs pompeux, ils restent neanmoins concus dans le respect des lignes pures sans fioritures inutiles. Il ne semble pas qu'il y eut une volonte de pretention et de performance dans la conception, mais plutot d'offrir aux dieux des demeures dignes de leur force. Ainsi, a notre grande surprise, le Japon est l'un des pays que nous avons traverses ou la spiritualite est reellement palpable, loin d'un affichage qui parfois mene au ridicule ou au fanatisme.


Spiritualite et quotidien au detour d'une rue


Ablutions pratiquees avant d'entrer au temple, c'est aussi un jeu d'enfant


Ceremonie shintoiste - serieux et recueillement

Par rvetrv - Publié dans : Japon
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Mercredi 13 mai 2009

Le point information qui se trouve dans le hall principal de l'aeroport de Fukuoka (ile de Kyushu) nous donne tous les details sur les trains et ferrys disponibles dans la region, avant de nous degoter un hotel situe en centre ville, le tout avec sourire et dynamisme ... bienvenue au Japon ! Nous sommes pourtant en pleine ogata renkyu, periode durant laquelle la plupart des sujets nippons sont en conges pour differentes fetes, comme celles de l'empereur et des enfants. Malgre la surcharge d'activite, l'efficacite du personnel d'accueil nous permet d'eviter de perdre un temps precieux a la recherche d'une chambre en ville.



Quelques minutes apres avoir decripte le fonctionnement des automates distributeurs de tickets dans le metro, nous nous retrouvons dans le quartier d'Hakata, proche de la gare centrale et du Canal city centre, temple du consumerisme nous mettant rapidement au diapason en ce qui concerne les habitudes nipponnes. Nous decouvrons d'abord les pachinko, sortes d'empires du jeu, defouloirs ultra bruyants en raison de milliers de billes d'acier s'entrechoquant les unes contres les autres simultanement. Ce bruit assourdissant tranche litteralement avec le calme qui regne dans les rues - c'est le monde a l'envers ! Nous faisons aussi l'experience des manga cafes, a l'inverse tres calmes, offrant un espace Internet confidentiel avec boissons gratuites et pour certains la possibilite de prendre une douche et meme d'y dormir.


Le pachinko, empire du jeu et defouloir assourdissant

Dans les vitrines des restaurants, une multitude de plats factices en resine de synthese annoncent les menus. Les couleurs qu'ils arborent sont si flashy qu'on a guere envie de se precipiter a table, pourtant la nourriture y est tres bonne et l'hygiene irreprochable. Certains restaurants proposent aussi un systeme de plats prepayes a mi-chemin entre le distributeur de boisson et le self service. D'autres possedent une carte mentionant le nombre de calories de chaque plat ou bien disposent de sonnettes sur les tables pour appeler et prendre la commande alors realisee a l'aide d'un boitier electronique directement relie a la cuisine, on croit rever !


Voici le menu, a vous de choisir !

En fait, tout ceci est tres pratique lorsque, comme nous, on ne sait pas lire un seul ideogramme. Nous touchons la du doigt le caractere pragmatique et ordonne des japonais qui bien souvent privilegient le cote pratique au detriment de la convivialite. Dehors, la circulation reste fluide et calme, pour une ville de plus d'un million d'habitants on s'attendrait a pire. Toutefois, les autochtones mettent un point d'honneur a utiliser les transports en commun, pratiquer le velo le plus souvent et respecter scrupuleusement les regles de conduite. Disciplines a l'extreme, la plupart des pietons restent de longues minutes a attendre la venue du petit bonhomme vert de l'autre cote de la chaussee.


Dazaifu - rue principale


Dazaifu - musee national de Kyushu

Nous partons pour Dazaifu, 20 kilometres plus au sud. Cette petite ville est reputee pour son tres beau musee inaugure en 2005. C'est le quatrieme musee national du Japon apres ceux de Tokyo, Kyoto et Nara. Arrivant en plein festival, c'est au son des wadaiko (tambours traditionnels), de fanfares et de chants d'enfants, deguises pour la circonstance, que nous remontons l'avenue principale de la bourgade. Ca sent bon le umegae-mochi, specialite a base de pate de riz et haricots rouge, sense eloigner certaines maladies. Nous ne manquons pas de nous installer face au magnifique jardin de la maison Kasanoya afin de deguster un delicieux the vert accompagne de minuscules et delicates patisseries. Ainsi assis sur nos petits bancs laques, au milieu d`un jardin typiquement japonais, nous commencons a nous impregner peu a peu du Japon ancestral.

   
Dazaifu - la fete des enfants


Dazaifu - les wadaiko en fureur

   
Dazaifu - il y a foule au temple                    Dazaifu - commerces et epiceries fines florissants

Le lendemain, sous un soleil au zenith, nous prenons le train en direction de la petite ville de Beppu a la decouverte de nos premiers onsen, bains de source d'eau chaude aux vertus curatives. Le sous-sol volcanique de la region offre pas moins de 4.000 jigoku (litteralement "sources de l'enfer") frequentees chaque annee par douze millions de curistes. Nous choisissons le Hyotan Onsen, considere comme le plus beau bain public de la ville. Il decline dans un espace tres convivial deux types de bains, les bains de sable chauffes naturellement et ceux d'eau chaude en baignade et cascades. Apres nous etre enveloppes telles des momies dans un sable brulant durant une demie heure, nous nous delassons dans une eau chaude a l'ombre d'erables du Japon delicatement taille. Femmes et hommes ne se melangent pas, pour cause le maillot de bain est interdit. C'est donc dans la tenue d'Adam que nous nous retrouvons au milieu des autochtones venus chercher un peu de decontraction et de jouvance.

   
Beppu - bain de sable au Hyotan Onsen


Beppu - bain d'eau chaude au Hyotan Onsen

De l'embarcadaire de la ville de Oita jouxtant Beppu, nous empruntons le ferry pour Matsuyama sur l'ile de Shikoku, afin d'y decouvrir le Dogo Onsen. Cette institution de detente et de spiritualite est reputee depuis plus de deux millenaires. Elle est connue dans tout le pays et accueille jusqu'a 3.500 personnes par jour. Apres notre bain, enveloppes dans nos kimonos, nous degustons un the vert dans la salle commune recouverte de futons. Meme si nous ne profitons finalement que tres peu du Matsuyama Youth Hostel, notre hebergement, nous le conseillons vivement. Il est considere, a juste titre, comme la meilleure auberge de jeunesse du pays.


Mer interieure - ferry entre Kyushu et Shikoku


Herve D en pleine conversation et relationnel local

Le Japon nous surprend par sa proprete extreme et son organisation jusqu'au-boutiste. Arrive a Hiroshima, au pied du ferry, un tramway flambant neuf nous transporte jusqu'au centre ville. Ce qui frappe en premier lieu, c'est le tres bon etat des infrastructures publiques. Aucune degradation a l'horizon, les paves des trottoirs sont si propres qu'ils semblent etre passes au karcher regulierement. Sur les quais des gares, aux heures de grande affluence, les usagers attendent calmement les uns derriere les autres en file indienne suivant scrupuleusement le marquage au sol. Des hotels aux simples epiceries de quartier, tout n'est que proprete, service et amabilite. Convenons-en, ce confort moelleux est salvateur apres cinq mois. En ce qui concerne le confort, rien ne vaut le moderne Aster Plaza a Hiroshima. Cet etablissement central, d'apparence froide, offre des chambres impeccables et un personnel attentif pour un prix modique ... au Japon, tout est relatif !


Fukuoka - ordre et proprete dans le metro


Hiroshima - ville reconstruite a l'emplacement de l'explosion nucleaire

Dans cette ville recente aux avenues rectilignes une pensee nous obsede, celle de la premiere bombe A larguee le 6 aout 1945. Celle-ci explosa en l'air a 600 metres du sol en plein centre ville, degageant alors une temperature de plusieurs millions de degres en son centre et tuant 70.000 personnes d'un coup et 140.000 dans la meme annee. Aujourd'hui, Hiroshima est une ville centree principalement sur son parc du memorial et son musee pour la paix, extremement emouvant. La vie insouciante des enfants, les odeurs de printemps, ainsi que la renaissance des feuillus sous ce doux soleil, forment un contraste evident avec cet episode dramatique de l'histoire de l'humanite. L'emotion est palpable et les larmes nous montent aux yeux.

  
Hiroshima - le Memorial pour la paix


Hiroshima - le musee du Memorial pour la paix

 
Hiroshima - le 6 aout 1945 juste avant 8h15            Hiroshima - le 7 aout 1945


Cachez-moi cette horreur que je ne saurais voir !

La visite d'Hiroshima nous rappelle avec eloquence que nous vivons tous avec une epee de Damocles au dessus de la tete. A l'exemple du maire de la ville, il nous faut imperativement et activement lutter et militer contre la proliferation et pour la reduction des armements nucleaires.

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Lundi 11 mai 2009
Apres avoir tergiverse au sujet du moyen de transport adequat nous permettant de rejoindre Shanghai depuis le Yunnan, nous optons finalement pour le gain de temps et le confort. La reservation sur le vol MU747, Kunming-Shanghai sur China Eastern, etait en effet bien tentante comparee au trajet ferrovaire de 48 heures qui nous attendait. Pour une poignee de yuans de plus, cette decision a donc ete prise en depit de notre volonte initiale de favoriser les transports dont l'empreinte ecologique est la plus faible. Cette fois-ci c'est bien rate, on a tout faux ! Mea Culpa, nous sacrifions l'aspect environnemental sur l'autel du bien-etre, pour gagner du temps et debarquer frais comme des gardons chez nos amis Lydie et Fred.


Aeroport de Shanghai-Pudong -  Herve M presente la meteo !

Arrives a l'aeroport de Shanghai-Pudong, le comite d'accueil est au rendez-vous. Le taxi nous attend arborant sa pancarte avec un "Welcome aux RV's" inscrit dessus. Quelques kilometres plus loin, nous sommes deja frappes par le gigantisme qui s'annonce comme un fil rouge dans cette ville tentaculaire tournee vers le 21eme siecle. Au fur et a mesure que nous nous rapprochons du centre de Puxi - la rive ouest de la riviere Huangpu - les tours de bureaux et d'habitations se font plus denses et sur les multiples chantiers qui jalonnent notre parcours de nombreux ouvriers s'emploient a agrandir la ville.


Puxi - le quartier de Xu Jia Hui

      
Puxi - vue depuis la place du peuple               Sur le Bund - panne de moteur


Pudong - un centre commercial a Lu Jia Zui

Lydie nous attend trepignant d'impatience du haut de sa tour de verre,
et pour cause, voila desormais un an que nous prevoyons ces retrouvailles. A destination, lorsque nous nous regardons tout deux dans les miroirs du luxueux ascenseur montant au neuvieme etage de la tour ou se situe le siege de la filiale des Fromageries Bel en Chine, nous sommes saisis par le decalage evident de nos vetements et sacs a dos de routards au milieu de chinois affaires en tenues de ville. Vous connaissez La Vache Qui Rit, et bien les chinois pas tout a fait, mais ca ne saurait tarder grace au talent et au professionalisme de notre amie que nous avons symphatiquement rebaptisee pour l'occasion "Madame Belchine". Nous retrouvons avec une joie non dissimulee une Lydie decontractee, nous presentant l'ensemble de ses collaborateurs, avant de rejoindre Fred avec entrain pour un premier dejeuner ... taiwanais.


Bar du Hyatt Hotel - Herve D, Lydie et Fred

Nous sommes non seulement ravis de retrouver nos amis et les enfants, Margaux, Florian et Selene, mais cette etape shanghaienne est aussi l'occasion pour nous de souffler. Et pour cause, comme nous le presente Lydie avec malice, il s'agit d'un sejour "luxe et volupte". Durant ces quatre jours, nous serons recus comme des princes dans une ambiance familiale et cosy, couplee de bons petits plats ... francais entre autres, de sorties culturelles et de bon restaurants.


"Happy Birthday to you" Herve M, tes 40 printemps ont sonne !

Apres cinq mois de vie de boheme, quel plaisir pour nous de nous deplacer en taxi et d'empreinter le metro neuf et tres propre de Shanghai. Nous parcourons ainsi la ville afin de visiter ses lieux dignes d'interet : Nanjing road, le Bund, la place du peuple, l'opera, ainsi que le merveilleux musee de la ville et ses collections de ceramiques et de bronzes anciens.


Puxi - la rue commercante de Nanjing Road


Puxi - batiments classiques et art deco sur le Bund



   
Puxi - le musee de la ville de Shanghai

Nous en profitons pour decouvrir aussi les quartiers de l'ancienne concession francaise et ses maisons typiques, le vieux bazar quelque peu restaure et surfait, les jardins Yu typiquement chinois, le tres bon restaurant Kathleen's 5 et sa vue imprenable sur la ville, ainsi que le quartier branche de Tai Kang Lu, sorte de Soho a la chinoise en pleine effervescence. Tous ces lieux situes sur Puxi n'ont plus de mystere pour nous desormais.


Restaurant Kathleen's 5 - Lydie et Herve M

Bien qu'en plein essor et malgre son gigantisme souvent annonce a coup de superlatifs, nous restons un peu sur notre faim concernant le quartier d'affaires de Pudong situe sur l'autre rive. Nous avons finalement trouve son architecture un peu fade et decousue, malgre la superbe Pearl Tower qui invite au reve. Apres la periode de glaciation communiste, et bien que Shanghai attire tous les regards a nouveau a l'instar des annees 1920 et 1930, sa demesure ne semble pas encore avoir rejoint celle de New York.

   
Entre passe et futur


Pudong - quartier d'affaires de Lu Jia Zui

L'occasion nous est aussi donnee de faire la rencontre de Sylvain et de Cindy son epouse chinoise autour d'un delicieux dejeuner, un dim sum hongkonguais. Tous jeunes maries, ils sont installes au coeur de Pudong, non loin de l'emplacement de la future expositon universelle qui se tiendra en 2010.


Shanghai-Pudong - Sylvain, Herve M et Cindy au cours d'un dim sum

Nous quittons la Chine avec des sentiments meles. Tristes d'y laisser nos amis et de superbes paysages, nous ne regretterons finalement pas la faible authenticite rencontree au Yunnan, qui du reste n'aura pas ete contrebalancee par une curiosite ou un interet particulier de la part des chinois. Malgre cela, nous prevoyons deja d'effectuer un autre voyage pour visiter les villes et monuments symboles du nord du pays.


Saperly et son petit copain felin - "good bye Shanghai !"
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Vendredi 8 mai 2009
Voici deux jours que nous sommes installes au Sunny Lodge dans l’ancienne ville de Dali, bourgade au bord du lac Erhai Hu au milieu de la province du Yunnan. Notre hotel possede non seulement une decoration design et soignée, mais aussi des patrons chaleureux et efficaces. La premiere journee a ete consacree a la bicyclette et a la traversee du lac en ferry jusqu'au pavillon de Tianjing pour rejoindre ensuite le petit village de Wase. Au total, un trajet de 40 kilometres sous un soleil radieux.


Wase - balade a velo autour du lac Erhai Hu


Lac Erhai Hu - embarcadere et pavillons religieux de Guanyin et de Tianjing


Lac Erhai Hu - scene de vie dans le village de Wase


Lac Erhai Hu - petit temple Putuo Dao sur son ile deserte et pont de pierre

Dali est une ville majoritairement bai dont les rues sont couvertes de paves gris. Elle est propre, arboree, construite sur un coteau et traversee de petits torrents domestiques et ponctues de ponts de pierres. De nombreux chinois viennent ici en villegiature pour y retrouver une certaine "harmonie" perdue, reclamant de surcroit un certain standard de confort. Cette region nous semble tres douce a vivre, les structures touristiques y etant proches des normes occidentales. 


Dali - la porte nord ouest


Dali - Saperly dans sa maison chinoise

Afin de repondre a un flux de touristes nationaux sans cesse croissant, les autorites chinoises ont decide de raser des blocs entiers de l’ancienne cite, qui faisaient pourtant son charme et son authenticite, et de les remplacer par des complexes hoteliers flambants neufs, certes esthetiques et contruits dans le style local, mais obligeant certains autochtones a s'exiler dans la peripherie.


Le flux de touristes chinois au milieu des ethnies locales

Pour bien demarrer la journee a Dali, nous vous conseillons de passer par le Cafe de Jack. Son ambiance lounge et decontractee est appreciee et on y sert de tres bons petits dejeuners, entre autres un pain perdu succulent et fondant (French toast) et un muesli copieux a base de fruits frais, le tout dans un decor chaleureux. Ce restaurant offre aussi une connection Internet performante. Enfin, pour cloturer une bonne journee de visite, pourquoi ne pas s'offrir un diner typique de la region au Butterfly, le tout a prix tres doux ?

Par ailleurs, dans le rayon hotellerie, a une vingtaine de kilometres au nord de la vieille ville de Dali et au bord du grand lac, se trouve le Lakeview Youth Hostel situe au lieu-dit Taoyuan. Cette auberge de jeunesse, sensee recevoir une clientele internationale, restera une enigme pour nous. En effet, son style "neo-rural ethnique" assez sophistique et convivial de prime abord, tranche litteralement avec son personnel peu aimable et fuyant, ne sachant pas parler un mot d'anglais. Nous nous retrouvons tout deux pour la nuit dans un grand dortoir prevu pour huit.

Dans cette partie du Yunnan, nous constatons rapidement que l
a sympathie et la curiosite des locaux envers nous restent faibles et proportionnelles au niveau de la pratique de l'anglais. Ainsi, les plus ages sont-ils definitivement fermes et peu souriants ; les plus jeunes, plus a l'aise avec la langue de Shakespeare, nous accostent plus facilement.


Lac Erhai Hu - vieille femme de l'ethnie bai


Nord du lac Erhai Hu - habitations bai typiques

Depuis Taoyuan, nous partons a la decouverte de Xizhou, un petit village finalement beaucoup plus interessant que Dali. L'ambiance y est agricole et les femmes battent le ble dans les ruelles a meme le sol avec des fleaux. De vieilles echoppes devoilent l'authenticite d'un lieu qui malheureusement a des risques de disparaitre dans les annees a venir.


Xizhou - terres agricoles entre monts et lac

    


Xizhou - scenes de rues

Continuant notre route vers le nord du Yunnan, a Lijiang, nous constatons avec stupefaction que davantage encore, des hordes de chinois remplissent les rues principales de la cite autour de la place du marche, allant ainsi jusqu'a creer des embouteillages humains dans un brouhaha assourdissant. Autant dire que dans ce meli melo, nous sommes totalement transparents et passons encore une fois pour quantite negligeable. Notre ego occidental, habitue jusqu'alors a etre reconnu pour le pire ou pour le meilleur, en prend serieusement un coup.

Malgre tout cela, dans les faubourgs de la vieille cite naxi, la magie opere. Bien qu'un tremblement de terre ait ravage un tiers de la ville en février 1996, la plupart des habitations traditionnelles en bois et en pierre sont restees intactes. Plus résistantes que les bâtiments modernes construits sans précaution particuliere, celles-ci constituent desormais la norme. L'effort de reconstruction qui suivit le seisme, a ete en fait recompense par l'Unesco, classant la vieille cite sur la liste du patrimoine mondial, en tant que "ville ancienne exceptionnelle sise dans un paysage spectaculaire".


Lijiang - vue imprenable sur les toits ardoise de la vieille ville

Lijiang offre un dedale de ruelles entre canaux et maisons anciennes. Les sols paves de pierres aux cinq couleurs resplendissent sous le soleil et les magnifiques toitures ardoise donnent l'impression d'une mer d'encre aux vagues dechainees. Cependant, comme dans la plupart des cites anciennes chinoises, la ville nouvelle n'est jamais loin et nous sommes tres vite projetes dans la realite quotidienne d'une nation aspirant a la modernite et au confort.


Lijiang - scene de rue

     
Lijiang - scene de rue                                  Lijiang - vieilles femmes naxi


Lijiang - parc de l'etang du dragon noir

180 kilometres encore plus au nord, la petite bourgade tibetaine et ancestrale de Zhongdian (Shangri-la en mandarin) est, elle aussi, encerclee d'une ville chinoise recente et sans ame. Le village s'articule autour du temple des ecritures, un memorial dedie a la grande marche du Dalai Lama. De notre chambre d'hotes, nous observons l'edifice ainsi que l'immense rouleau a prieres qui le jouxte, tournant lentement sur lui-meme.


Zhongdian - temple des ecritures et rouleau de prieres geant

Les paysages de steppe alentours nous transportent au Tibet tout proche. Les troupeaux de yacks aux pelages lustres,
animent les vallees. Desormais, les batisses tibetaines, tres differentes de celles des bai et des naxi, precedemment rencontrees, sont massives et aux murs de torchi brut, tout en contraste avec leurs facades en bois travaille et polychrome. Ces grandes maisons sont souvent entourees d'un large mur d'enceinte afin de proteger leurs habitants des hivers rigoureux.


Region de Zhongdian - steppes


Region de Zhongdian - maison tibetaine

A quatre kilometres au nord de Zhongdian se trouve le Song Zan Lin Si. Ce monastere bouddhiste est vieux de plus de 300 ans. Dans son immense temple central, des tentures multicolores descendent d'un tres haut plafond et de petites ampoules eclairent timidement des peintures murales aux personnages extravagants, bien proches de l'iconographie hindoue. De large colonnes de laque rouge marquent les emplacements dedies aux moines, puis au fond, des bouddhas geants et majestueux nous observent de leurs yeux mi-clos.


Zhongdian - le monastere Song Zan Lin Si


Zhongdian - le monastere Song Zan Lin Si

Malgre cette beaute et se depaysement extremes, les rares moines croises semblent plus interesses par leurs telephones portables que par l'accueil des visiteurs. Il faut dire que l'etat chinois est en train d'investir en masse dans une structure d'accueil rutilante. Sous couvert d'efficacite, cela aura certainement pour effet de transformer ce haut lieu spirituel, en un vaste parc d'attraction tout beau, tout propre et de plus payant !


Zhongdian - moine et telecommunication


Zhongdian - drapeaux de prieres

Les quartiers modernes entourant les anciennes cites chinoises, agissent finalement comme des etaux qui peu a peu etranglent et vident de leurs sens ces hauts lieux historiques. Certes, cela favorise certaines personnes issues des minorites, profitant de la mane touristique. Elles s'enrichissent ainsi, abandonnant leurs habitats traditionnels et preferant le confort moderne des villes nouvelles. Toutefois, par cette logique du nombre toujours croissant de touristes chinois, la disparition de l'authenticite s'accelere a une vitesse vertigineuse. 

Nous decidons d'entamer notre lent retour de Zhongdian vers Kunming en passant par l'est de la province eponyme. Pour cela nous faisons appel a une agence locale avec guide et chauffeur. Bien que les paysages y soient magnifiques, ni le service de l'agence, ni les informations du Lonely Planet ne sont reellement a la hauteur. En effet, nous decouvrons peu d'habitations tibetaines, bien qu'attendues, mais plutot des bourgades naxi. Apres cette experience peu probante nous quittons nos accompagnateurs a Baishuita au milieu d'un vallee verte de haute montagne aux paysages epoustoufflants et apres avoir visite le site naturel des "Sanba White Water Terraces" aux piscines bleu lagon. Nous rejoignons finalement Haba en Jeep ou nous passons la nuit dans une sympathique auberge.


Baishuita - les "Sanba White Water Terraces"


Haba - petite fille naxi

Le lendemain, c'est en bus local que nous entamons la traversee de la spectaculaire gorge du tigre d'est en ouest. Nous decouvrons alors un paysage ahurissant, une nature splendide et reveche, ou de hautes montagnes enneigees cotoient des vallees immenses et des canyons abrupts.


Province de Shangrila - la gorge du tigre

Bien que le Yunnan ait perdu beaucoup de son authenticite, cette region reste un patchwork d'ethnies aux cultures d'une grande richesse. On appelle aussi cette province le "royaume des plantes" pour son climat clement permettant a une nature genereuse de s'epanouir. Nous resterons sur cette impression de paysages grandioses, mais aussi de transformation rapide des habitudes locales. Malheureusement, la ou commence le bitume, l'authenticite disparait.


Par rvetrv - Publié dans : Chine
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Lundi 27 avril 2009

Aujourd'hui, nous quittons le Vietnam pour entrer en Chine, pays seculaire et insaisissable pour de nombreux voyageurs. En face du pont qui enjambe la riviere entre les deux pays, nous apercevons deja des ideogrammes qui d'Hekou a Tokyo vont nous accompagner jusqu'au terme de notre voyage. C'est la premiere fois depuis le debut de notre periple, que nous subissons une fouille, certes sommaire, de nos bagages au passage en douane cote chinois.

 

Hekou est une petite ville frontaliere moderne et sans charme qui des la premiere approche nous fait toucher du doigt l'effervescence d'une Chine besogneuse avide de mieux-etre. Ici, on ne parle quasiment pas l’anglais. Notre guide de conversation s’avere donc extremement utile, en complement de notre petite calculette. Nous dejeunons sur le bord de l’eau en face du Vietnam, la musique y est indienne et le personnel jeune et chinois.


Hekou - prermier contact avec la Chine

C'est decide, nous passerons la nuit a Hekou pour recuperer le manque de sommeil accumule depuis Ho Chi Minh Ville. Au restaurant, des pizzas commandees sur photo et
 sensees etre a la tomate s’averent etre aux fruits. Imaginez des salades de fruits ‘’Saint Mamet’’ recouvertes de fromage fondu, quelque peu ecoeurantes de prime abord, mais nous sommes trop affames pour rechigner sur la marchandise.



Hekou - bus open tour

Le lendemain, onze heures de trajet sont necessaires pour atteindre Kunming, la capitale de la province du Yunnan. En definitive, il n’est plus possible d’emprunter le train depuis Hekou, celui-ci est desormais reserve au transport de fret entre Chine et Vietnam. C'est donc en bus open tour a "etageres" que nous effectuons le trajet, tant pis pour la migraine, mais tant mieux pour les jambes de Herve M. Du haut de nos couchettes, nous decouvrons un sud Yunnan montagneux et genereux en couleurs. Le bus traverse a toute allure des vallees et des cols nous faisant passer de bananiers en coniferes et de rizieres vertes en massifs rocheux ocres.


Sud Yunnan - culture en terrasses


Sud Yunnan - rizieres

A mi parcours, nous perdons une partie des bagages dans un virage, mais heureusement sans dommage. Deja nous atteignons une grande plaine industrielle tranchant avec la nature. Elle nous fait toucher du doigt une Chine plus industrielle. Du haut de nos couchettes, nous sommes en effet incommodes par un air pollue et sature en emissions chimiques, auxquelles s'ajoute la fumee de cigarettes de nos voisins. Eh oui, les chinois fument beaucoup, y compris dans les bus. Ici, nous sommes a des annees lumiere de la Loi Evin et fort heureusement le dieu Walmart est sur le point d'arriver et attendu comme le messie ! 


Sud Yunnan - "Wal-Mart is coming" ... et sa cohorte de dechets 


Sud Yunnan - complexe industriel

Au soir, nous entrons dans une megalopole toute eclairee de neons, dont l'aeroport et les larges avenues soulignent l'importance. Kumning abrite pres de quatre millions d’habitants. Par contre, l’air y semble etre peu pollue, les gens paisibles et les avenues larges et propres. Contrairement a l'Inde, la surpopulation ne se fait pas autant ressentir. En dehors des heures de pointe, les aggressions sonores sont largement limitees, car ici les transports en commun sont performants, la voiture individuelle encore minoritaire et des mobilettes etrangement silencieuses. En grande majorite electriques, elles glissent silencieusement dans des rues arborees.

 

Kunming - centre ville


Kunming - centre ville

Nous nous installons au Cloudland Youth Hostel, une auberge de jeunesse alliant ambiance bab aimant son confort. Les lieux offrent une grande proprete, un restaurant delicieux et un personnel a l'ecoute, parlant parfaitement anglais, le tout pour un prix tres economique (dortoir confortable, 30 Yuans par personne).

 

Kunming - auberge de jeunesse Cloudland

Malgre ce que les guides touristiques peuvent en dire, il ne faut pas hesiter a parcourir le centre de Kunming. Moderne et aeree, la ville recelle de nombreux centres commerciaux, des boutiques de standing et quelques parcs interessants. Nous nous baladons dans le quartier proche du Greenlake Park ou nous decouvrons une societe d’adultes. Ici, les babins sont minoritaires, ce qui tranche litteralement avec les pays que nous avons recemment visites, notamment le Laos et le Cambodge. Les espaces de jeux pour les petits semblent meme se reduirent a de simple petites portion de verdure.


Kunming - estampe chinoise naturelle


Kunming - musicien de rue

Dans le parc, les allees presentent ainsi de nombreux groupes de musiciens accompagnes de chanteurs interpretant des chants traditionnels. Sur les trottoirs des rues pietonnes, les parties de majong vont bon train. Des personnes, principalement agees, brassent pendant des heures les larges dominos allant meme jusqu’a jouer de l’argent.

Par rvetrv - Publié dans : Chine
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Mardi 21 avril 2009

Cache derriere l'ile de Cat Ba, au pied du parc national eponyme, se trouve un bijou, une baie beneficiant du meme paysage que celui d'Halong mais beaucoup plus calme. Pour la decouvrir et organiser notre sejour, nous sommes passes par Happy Luan situee a Hanoi. Cette petite agence familiale propose des sejours de deux a trois jours, nuits comprises, sur une jonque privee en bois.


 

   
Non loin d'Along - jonque traditionnelle          
Non loin d'Along - pic vertical

 

Doucement, notre embarcation quitte un petit port de peche. Les immenses pics plongeant directement dans la mer, s'ouvrent devant nous, devoilant des paysages toujours plus epoustouflants. Tien, notre skipper, nous dirige vers des coins secrets et Wy, le cuisinier a bord, nous prepare des repas delicieux a base de produits de la mer, de legumes et de fruits frais.

 

Non loin d'Along - port de peche


Non loin d'Along - le parc national de Cat Ba


De notre toit-terrasse, alonges sur nos transats en teck, nous degustons chaque moment, emmagasinant le moindre detail qui s'offre a nous, tel un cadeau. A part quelques pecheurs, rien ne semble pertuber les lieux. Dans une brume legere, nous nous laissons bercer par le doux bruit du moteur jusqu'a une magnifique crique.

 

Non loin d'Along - sur le toit du bateau


Non loin d'Along - bon baiser de Saperly !


De la, nous partons explorer des grottes en kayak, derivant sous des voutes naturelles. Le soir, a la lumiere vibrante des bougies et grace au talent de notre cuisinier, le diner tourne au festin de roi. Seul petit bemol, le temps n'est pas de la partie. Peu importe, malgre le temps gris, la magie opere. La nuit tombe vite et quelques rares lueurs lointaines pointent a l'horizon. Le lendemain matin, nous retrouvons le petit port que nous avions laisse la veille.


Non loin d'Along - kayak dans la crique


Apres ces deux jours inoubliables, le retour de Cat Ba vers Haiphong se fait difficile a bord d'un ferry local ronge par la rouille. Les paysages de pics karstiques sont vite remplaces par une foret de grue et nous longeons une zone portuaire interminable assis au milieu de passagers aux regards hagards. Arrives a Haiphong, nous attrapons un bus dans la foulee qui nous amene vers Hanoi. Dans cette partie du nord Vietnam, une meteorologie capricieuse souvent tournee vers la grisaille et une architecture moderne et inesthetique, rendent les routes particulierement deprimantes. Compte tenu du developpement du pays, on a l'impression de se deplacer dans une immense zone industrielle a l'echelle d'une region. Autant dire que dans cette ambiance, la traversee du Fleuve Rouge en fin d'apres-midi, nous a donne une impression de ville polluee, lorsque nous sommes arrives a Hanoi.

 

De prime abord, la capitale ne nous seduit donc pas. Regorgeant de produits en tout genre, les rues et venelles de la vieille ville sont etroites et construites de facon anarchique. Un concert de klaxons y debute tot le matin et se termine tard le soir. Ici, les habitants vivent dehors et squattent le moindre centimetre carre de trottoir, a chacun de se debrouiller pour passer ! Fort heureusement, le Classic Hotel nous accueille chaleureusement. Pour 20 dollars, il nous propose une double spacieuse et calme, avec petit dejeuner et Internet dans la chambre. Ce confort bien merite, nous permet d'apprehender les lieux plus sereinement.

 

Hanoi - concert de klaxons en tout genre

 

Contrairement a notre premier sentiment, la vielle ville d'Hanoi est loin d'etre aussi desordonnee qu'elle semble l'etre. Chacune des rues est dediee a un type de produit particulier. Ainsi, peut-on decouvrir la rue des ferblantiers et des miroitiers, celle des vendeurs de chaussures, ou bien la rue des jouets. La rue des herboristes est reconnaissable par les milles et un parfums qui s'en degagent. Dans celle dite des ''faux billets'', on y vend, en plus de decorations ephemeres destinees aux temples, des billets de banques factices a bruler afin d'amener richesse et prosperite.

 

Hanoi - les rues animees


     

Hanoi - un cafe sua ?                                   Hanoi - rue des ferblantiers

 

Si le quartier du mauselee de Ho Chi Minh est tres agreable, de part ses espaces verts et ses larges avenues parsemees de demeures coloniales, la balade autour du lac Hoan Kiem jusqu'au petit pont Huc en bois rouge, n'est pas en reste. Les hanoiens s'y rejoignent le week end pour se relaxer, faire de la gym ou du Tai Chi. Il y a ici comme un air de bois de Boulogne.


     

Hanoi - le mausolee - a la gloire du parti        Hanoi - le mausolee - la porte principale

 

Hanoi - le pont japonais sur le lac Hoan Kiem


A l'ouest du lac se tient un lieu incontournable de la capitale : le temple de la litterature. Sa visite est un pur moment de serenite et d'esthetisme au beau milieu du tumulte de la ville. Datant du 11eme siecle, ce temple a la gloire de Confucius et en memoire de sages passes, est construit dans un style tout vietnamien. Proche de l'edifice, il ne faut pas manquer les delicieuses patisseries de Koto van mieu qui oeuvre pour la formation de jeunes defavorises.

Hanoi - le temple de la litterature


      
Hanoi - le temple de la litterature
            


Hanoi - le temple de la litterature

Avant de quitter Hanoi, cette jolie promenade nous permet d'etre accostes par un groupe d'eleves dans le parc du jardin botanique. Ils apprennent le francais au lycee Chu Va An et nous invitent a le decouvrir. Cet interlude inattendu nous fait partager leur quotidien et l'architecture toute francaise des lieux. Au soir, nous sommes aussi tres contents de retrouver Chantal, rencontree a Rangoun en fevrier. Autour d'une bonne Bia Hoi, la biere locale, et de raviolis vapeur, nous echangeons sur le Vietnam dans une petite gargotte tres typique.

 

Hanoi - etudiants en langue francaise


Hanoi - le lycee Chu Va An


A 5h30 du matin, arrives a Loa Cai apres une nuit trop courte dans un train couchette neanmoins confortable, nous sommes accueillis par une horde de rabatteurs nous proposant de nous rendre a Sapa. Or, decision est prise depuis la veille de nous rendre dans le village de Bac Ha. Nous nous extirpons ainsi de la foule des touristes partant pour Sapa qui s'engouffrent dans les multiples mini-bus agglutines sur le parking de la gare et partons d'un pas decide vers le centre ville a la recherche d'un moyen de transport pour Bac Ha.

 

train de nuit - Saperly arretes de ronfler !


Grace a notre perceverance et a l'aide de bonnes ames locales, nous arrivons In Extremis a attraper un petit bus et traversons alors un paysage de toute beaute fait de
vallees cultivees en terrasses et de hautes montagnes.

 

En route vers Bac Ha - paysage magnifique

 

Le village de Bac Ha s'anime le dimanche d'un immense marche ou les villageois des ethnies voisines en tenues tradidionnelles viennent vendre leurs delicats tissages multicolores et broderies. Du coup, tours operators et circuits organises viennent y deposer par bus entiers des touristes en mal d'authenticite. Le reste de la semaine, le village est tranquille et vit a son rythme. Nous sommes aujourd'hui lundi et c'est bien le calme que nous recherchons avant tout.


Bac Ha - le village tranquille en semaine

Deja, nous croisons quelques femmes hmong fleurs portant des robes eclatantes aux couleurs dominantes, bleue, rose et jaune. Telles de petites poupees, elles ne sont pas en reste cote force physique et transportent fruits et legumes du jardin dans de grandes hotes en osier. Les hommes, quant a eux, sont habilles d'une tunique et d'un pantalon noirs et portent en bandouliere, un sac tisse multicolore qui tranche avec la sobriete de leur tenue. Nous constatons, lors de notre ballade vers Ban Pho, un petit village a quelques kilometres de Bac Ha, que le port du costume est quasi quotidien et que, bien qu'annonces comme affables, les hmongs fleurs sont en definitive assez rustres

     
Bac Ha - artisanat hmong             Bac Ha - femmes hmong fleurs

    
Ban Pho - tenue traditionelle                        Ban Pho - le village                          

A plusieurs reprises, des voyageurs croises durant notre periple ont insiste sur la degradation des relations avec les vietnamiens ; certains touristes auraient subi de nombreuses joutes verbales et parfois meme des heurts physiques.
Effectivement, on a parfois essaye de nous gonfler la note de quelques dongs inattendus et nous avons aussi ete bouscules. Toutefois avec un peu de vigilance, quelques mots en vietnamien et un grand sourire, on arrive a trouver facilement un compromis. Sur ce point, nous avons le sentiment que notre experience en Inde nous a beaucoup aides et grace a cela notre sejour au Vietnam a ete tres agreable.


Nous quittons le vietnam, voici la Chine !
Par rvetrv - Publié dans : Vietnam
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Samedi 11 avril 2009

Ah, les joies du train ! Cela faisait longtemps que nous ne vous avions pas vente les merites du transport ferroviaire. Il faut dire que depuis le Myanmar et notre trajet memorable entre Rangoun et Kalaw (mais si rappelez-vous !), nous n'avions pas eu la possibilite de cette alternative de transport. Ce n'est pas faute d'avoir souhaiter sauter dans un wagon au Cambodge, en vain cependant.


Ho Chi Minh Ville - le train de nuit en ga (gare)


Train Ho Chi Minh Ville / Danang - couchette tout confort


Au Vietnam, les trains qui longent la cote du sud au nord sont de bonne qualite. Offrant des couchettes, le trajet de nuit de seize heures depuis Ho Chi Minh Ville ralliant Danang est une option confortable. Par manque de temps, nous preferons ecarter la cote balneaire et la region de Dalat, qui nous a ete decrite comme surfaite, pour nous concentrer sur les villes emblematiques du centre et du nord du pays.


Au passage, sachez que Saperly est tellement tombee en amour avec son cheum le lion chinois, qu'elle en a loupe le train. Quelle gourde ! Elle a du faire tout le trajet en touk touk ... voila le resultat !


La Saperly toute frippee arrivee a Danang


Revenons a des considerations plus serieuses. Incontestablement, Hoi An a su tirer son epingle du jeu touristique. La ville a ete preservee malgre la profusion de bombes larguees sur l'ensemble du Vietnam. Hoi An compte encore aujourd'hui plus de 800 edifices exceptionnels, dont certains restent des exemples uniques pour le pays, celui-ci ayant vu une large partie de son patrimoine disparaitre dans l'enfer des conflits successifs. Certains ensembles architecturaux presents a Hoi An, donnent une vision precise d'un Vietnam ancien, disparu par ailleurs.


Malgre cela, la profusion de professionnels vous proposant de vous tailler un costume sur mesure dans la journee, frise parfois le ridicule et le comportement de certains touristes en groupe prete a rire.


Hoi An - Non, non, nous ne sommes pas a Lourdes !


A la difference de Luang Prabang au Laos, devenue malgre son attrait un joli musee bien propre a ciel ouvert, la vie locale demeure bien presente a Hoi An et les renovations vont bon train. Les deux villes sont classees a l'Unesco, ce qui oblige leurs habitants a appliquer une charte architecturale stricte.


Hoi An - quelques fleurs pour l'hotel des anciens


     

Hoi An - touks touks et cafe a l'architecture typiquement francaise


Apres une halte au musee d'histoire, nous partons a la conquete de la ville. Une porte derobee nous transporte deja dans le passe au coeur du temple Quan Cong.


Hoi An - le musee d'histoire


Hoi An - bassin fleuri


Dans le temple, de larges colonnes laquees rouge, des ideogrammes dores et d'epaisses fenetres rondes ajourees, nous rappellent la Chine. De grandes portes peintent de dragons enjambant des nuages et l'odeur omnipresente d'une multitude de tourbillons d'encens, nous transportent aussi vers l'hotel des anciens.


Hoi An - le temple de Quan Cong


    

Hoi An - le temple Quan Cong, dragon feeriques et portes en teck

 

Dans la cour ensoleillee de la maison commune de la congregation chinoise de Fujian, les branches des bonzais delicatement contraintes, creent des ombres portees sur les bas-reliefs de l'edifice. Le faitage est souligne de dragons tels des chats agiles sautillant de toit en toit ... et les bambous, frissonnant, se jouent de la legere brise cotiere, se detachant ainsi sur fond de ciel bleu ... oh la la, on s'emballe ... ben oui, qu'est ce que vous voulez, Hoi An, ca nous rend l'ame poetique !


Hoi An - la maison commune de la congregation chinoise de Fujian


Hoi An - faitage typique

Le musee de la ceranique dont le contenu n'a que tres peu d'interet, nous fait decouvrir un autre aspect de l'habitat vietnamien. Il s'agit d'une maison ancienne en teck, comprenant un patio interieur surplombe d'une coursive et permettant a la fraicheur de circuler. La lumiere y est douce et on imagine une vie paisible.


        
Hoi An - les mille et une couleurs des temples


Au bord de la riviere Thu Bon, les voies portent et les rires petillent. C'est le marche central, le coeur de la cite, que nous parcourons avec grand interet avant notre participation a un spectacle de musique et de danse traditionnel a l'atelier d'artisanat. Un diner au bord de l'eau, face aux lumieres multicolores des lampions de la ville, cloture cette merveilleuse journee. Nous rentrons combles en franchissant le fameux pont japonais en direction de notre hotel.

Hoi An - le marche central

 


Hoi An - lampions multicolores


Nous quittons la simplicite de Hoi An pour le faste tout imperial de Hue. Malgre une bruine incessante, la visite des lieux nous fera monter les larmes aux yeux. Malheureusement, la cite n'a pas ete epargnee pendant la guerre et les stigmates des bombardements nous ramenent a une triste realite. Toutefois, un effort toujours constant de restauration redonne peu a peu l'aspect initial a l'ensemble.

 

Hue - les cires multicolores

 

Hue - l'enceinte imperiale, la porte Ngo Mon


Face a la tour du drapeau, nous penetrons par la porte Ngo Mon servant d'acces principal a l'enceinte. Paree de battants jaunes, cette porte etait jadis exclusivement reservee a l'usage de l'empereur. Devant nous, une longue allee centrale aboutie au palais Thai Hoa, edifice construit en 1803 et soutenu par 80 colonnes laquees rouge.

 

Hue - l'enceinte imperiale, portes du palais Thai Hoa

 

Superbement restaure, le temple To Mieu, dedie aux empereurs Nguyen, occupe l'angle sud de l'enceinte imperiale. Ses jardins sont delicats et les lignes pures. Nous nous promenons a notre rythme, portes par la musique des gouttes d'eau tombant sur les paves.

 

Hue - l'enceinte imperiale, detail


L'allee ouest du site imperial nous offre une de nos plus belles surprises, la residence Dien Tho. Elle abritait autrefois les appartements et la salle d'audience des reines meres de la dynastie.

 

Hue - l'enceinte imperiale, la residence Dien Tho


Nous decidons par la suite de faire escale a Ninh Binh, region appellee ''Baie d'Along terrestre'' pour ses pics karstiques perdus au milieu de rizieres verdoyantes. Grande est notre surprise, lorsqu'au sommet de la colline surplombant les temples Dinh Tien Hoang et Dai Hanh sur le site historique de Hoa Lu, nous avons du mal a reconnaitre les lieux en les comparant avec la photo figurant sur notre guide touristique. Comment a-t-on pu ainsi denaturer les lieux en si peu de temps ? Nous avons beau retourner le guide dans tous les sens, nous ne pouvons que constater les degats.

 

Non loin de Ninh Binh - une quatre voies en construction


A Hoa Lu, les temples datant du 10eme siecle se trouvent desormais au pied d'un parking mal entretenu.
Ce qui faisait la beaute de rizieres vert emeraude, entourees de magnifiques pics karstiques, eux-memes soulignes par une riviere serpentant dans la campagne, est devenu un lieu eventre par une route asphaltee ou les pics, quand ils n'ont pas ete dynamites, servent de perchoirs a d'immenses antennes blanc et rouge. La riviere a ete ainsi detournee afin de gagner du terrain constructible et semble-t-il ... attirer de nouveaux touristes !


Preuve par l'image

 

     

Vue sur Hoa Lu precedemment                     Vue sur Hoa Lu aujourd'hui


Seul notre balade a velo nous conduisant jusqu'aux temples nous permet de traverser quelques villages encore preserves. Mais la ville n'est jamais loin. Aux abords de Ninh Binh, rares sont desormais les vues intactes, sans tour metallique, cable electrique ou batiment en construction dans la perspective.

 

Petit village pres de Ninh Binh - la cueillette des herbes aromatiques

 

Petit village pres de Ninh Binh - la ville n'est jamais loin ...


Nous ne voulons pas jouer les rabat-joies, mais sur le long terme, c'est bien l'economie generee par le tourisme qui risque de patir de ces mefaits. Bientot, la ville de Ninh Binh qui est passee en dix ans d'une bourgade de province a une ville bruyante de grande ampleur, devrait devenir une etape boudee par les touristes. Esperons que cet exemple restera isole dans ce beau pays.

 

Par rvetrv - Publié dans : Vietnam
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Mercredi 8 avril 2009
Arrives a Ha Tien, le village le plus au sud du Vietnam continental, nous goutons a notre premier pho, soupe de nouilles equilibree, savoureuse, economique et generalement accompagnee de viande ou de poisson. Un vieil homme au francais impeccable, dont les yeux en disent long sur les episodes historiques du pays, nous accueille avec gentillesse. Il nous parle de Bonaparte, puis de de Gaulle pour lequel il voue une admiration particuliere. Assurement, ce monsieur correspond a une certaine epoque, desormais revolue.


Can Tho - le marche flottant de Cai Rang

La traversee du sud Vietnam et du delta du Mekong, est l'occasion d'y visiter, tres tot le matin, les tres nombreux marches flottants. Ainsi, nous prevoyons de parcourir en barque ceux de Cai Rang et de Cai Be.


Can Tho - le marche flottant de Cai Rang

La region, egalement appelee "Bas-Cambodge", puisqu'habitee par de nombreux vietnamiens de souche khmere, est renommee pour ses magnifiques arbres fruitiers et ses pepinieres. Ici, des conditions climatiques avantageuses permettent aux riziculteurs de realiser jusqu'a trois recoltes par an. Le Vietnam est ainsi largement autosuffisant et le delta du Mekong est une sorte de grenier a riz de l'Asie.

   
Plums et ...                                               enorme jaque (mit en vietnamien)

Nous voici donc partis en mini bus pour rejoindre la ville de Can Tho
en milieu d'apres-midi. La rencontre entre temps d'un jeune pere de famille, dont l'anglais reste difficilement decriptable, est l'occasion d'echanger sur nos vies et sur le pourquoi de notre voyage. Ce specialiste de la culture de crevette - eh oui, il en faut et surtout au Vietnam - est curieux de tout et particulierement fier de nous montrer sa progeniture et son epouse sur un telephone portable dernier cri.


Notre premiere rencontre au Vietnam : Monsieur Khang

Si Can Tho est une etape tres agreable nous permettant de rapidement prendre la temperature du pays, nous recommandons d'y etre vigilant en ce qui concerne les prestations touristiques vendues sur place par les hotels et les chambres d'hotes (attention a l'arnaque, il faut eviter le Xuan mai II hotel qui propose des prestations bateliers ne tenant pas parole et chères !). D'une part, les bateliers ne percoivent qu'une misere sur le prix paye, d'autre part, certains prestataires ne tiennent pas les programmes prevus et les emputent allegrement. Mieux vaut donc passer son chemin sur ce point et se rendre a Vinh Long pour faire appel au service de l'agence Cuu Long qui propose une traversee serieuse du Mekong, avec nuit chez l'habitant dans les iles du fleuve au milieu des vergers, restaurant inclus, visite de pepinieres de bonzais, decouverte de marches flottants et visite de la fabrication de delicieux bonbons a la coco.


Vinh Long - de l'autre cote du fleuve, les marais


Vinh Long - la pepiniere
de bonzais de Sau Giao

Apres le Theravada rencontre en Birmanie, Thailande, Laos et Cambodge (bouddhisme dit du "petit vehicule"), atteindre le sud vietnam, c'est aussi caresser du doigt une autre culture en Asie, celle du Mahayana, le bouddisme du "grand vehicule", dont la caracteristique est une interpretation plus souple des preceptes bouddhiques. En definitive, entre Laos et Vietnam, la Cordillere Annamitique constitue en Asie du sud-est une frontiere physique et culturelle entre les mondes d'influence indienne et ceux d'influence chinoise. Bien que le Theravada soit teinte d'hindouisme et de culture des esprits, il demeure une affaire de comportement individuel plus strict et en relation avec Bouddha afin d'acceder au Nirvana. Le Mahayana, tel que pratique au Vietnam, en Chine et au Japon, offre lui des libertes de fusion avec le taoisme, le confucianisme et le culte des ancetres.

    
Ho Chi Minh Ville - la pagode de l'empereur de Jade

Au Vietnam, les chretiens representent pres du cinquieme de la population et ceci de longue date. Il n'est donc pas surprenant d'y trouver des eglises, voire des "cathedrales". Certaines, comme la cathedrale Notre-dame de Saigon, sont construites dans un style neo-roman qui tranche litteralement avec celui des pagodes.


Ho Chi Minh Ville - la cathedrale Notre-Dame

Le Vietnam se distingue non seulement par ses pratiques religieuses liberales, mais aussi par le culte de la personnalite de Ho Chi Minh, toujours vif sur fond l'allegorie marxiste. Entre musique militaire et chants traditionnels, le pays tout entier vibre et se developpe actuellement a la vitesse du cheval au galop. Si on ecarte la Thailande, nous decouvrons un pays largement plus dynamique que ses voisins. Adepte de jeux en ligne, la jeunesse, qui semble assez peu ancree dans les principes familiaux, frequente des cyber-cafes. Nous nous retrouvons souvent au milieu de hordes d'adolescents caquetant tous ensemble, chacun devant son ecran, et parfois fumant cranement la cigarette.

Ici, il y a peu de touk-touks, le vehicule individuel du camarade vietnamien c'est la motocyclette. Elle est le meilleur moyen de se deplacer rapidement en ville et a la campagne. Malgre cela, comme au Cambodge, les voitures tous terrains et les grosses cylindrees allemandes et japonaises grignotent du terrain et commencent a chambouler l'echelle de valeur d'un communisme qui tente de faire le grand ecart entre revolution et consommation.


Ho Chi Minh Ville - la moto ... mieux que le taxi

Nous sommes seduits par ce grand pays, determine et fier. Comme partout en Asie, ici les hommes portent la chemisette, les femmes par contre conservent la tradition du chapeau chinois. Tres soucieuses de preserver leur peau, elles couvrent le moindre centimetre carre de leur epiderme avec des lunettes de soleil, des foulards et des gants.

Alors que la nourriture vietnamienne reste assurement l'une des plus raffinees de la region, la baguette et la Vache qui Rit nous poursuivent, pour notre plus grand plaisir en cas de fringale. Le repas debute generalement par une tasse de the au jasmin gentillement offerte, il continue par des mets delicieux et varies a base de produits de la mer, mais il se termine souvent par une note surfacturee, apres avoir deguster son Cafe Sua (cafe au lait) sans trop d'apprehension. Cela fait partie d'un jeu qu'il faut accepter, a defaut de ne pouvoir le contourner. Il convient donc de rester vigilant et si on peut en faire l'economie, de ne pas utiliser les lingettes rafraichissantes generalement proposees en debut de repas, car elles sont toujours ...
payantes !


De tres bons fruits certes ... mais ceux-ci sont en plastique !

Revenus a des humeurs citadines, nous passons quatre jours a Ho Chi Minh Ville (Saigon). Malgre une circulation intempestive, la tres suprenante megalopole du sud Vietnam, n'en demeure pas moins charmante avec ses larges avenues arborees, ses parcs publics propres et entretenus, ses batiments ancients de style colonial et le sourire de ses habitants. Bien entendu, la motocyclette y demeure une nuisance permanent, tant sonore qu'environnementale, cependant, on peut tout de meme se rejouir que ce peuple casque et affaire ne se deplace pas en automobile.

Officiellement, six millions de residants vivent a Saigon. En realite, plus de dix millions d'individus y habiteraient. Quatre millions ne sont donc pas declares aux yeux des autorites, ce qui leur enleve le droit de s'y installer definitivement. Ces personnes sont a proprement parler des sortes de "sans-papiers" locaux, ils contribuent cependant a faire marche le commerce local (tiens, ca nous rappelle quelque chose !)..


Ho Chi Minh Ville - Dohen et dragons


Ho Chi Minh Ville - Et on fait comment pour traverser ?


Ho Chi Minh Ville - de-con-trac-tes !

Le Doi Moi, mouvement d' "innovation" entame dans les annees 1990 sur le modele chinois, produit des effets incroyablement contradictoires. Proche de la cathedrale, coexistent la magnifique poste centrale leguee par le second empire napoleonien, le palais de la reunification nationale, de grands magasins de luxe, le tout serti de drapeaux rouges avec faucille, marteau et affiches de propagande. Les pelouses et les arbres du quartier, meticuleusement tailles, tranchent largement avec le chaos publicitaire ambiant en filigrane.


Ho Chi Minh Ville - la poste principale


Ho Chi Minh Ville - les news du parti communiste vietnamien


Ho Chi Minh Ville - camarades goutez au luxe !

Ce matin du haut de notre hotel, nous contemplons le lever de soleil sur la ville. Tourne vers l'est, a l'instar du Japon, le Vietnam est un pays qui se leve tot - on peut supputer que cette orient l'amenera a connaitre un fort developpement similaire dans les decennies a venir. Tres tot, une fois les matines sonnees dans les eglises alentours, les rues sont envahies d'une foule affairee. C'est la raison pour laquelle Louis s'est propose de venir nous chercher aux aurores a notre hotel afin de traverser la banlieue sans difficulte et rejoindre Duc Long a 80 kilometres.

Louis est un vietnamien que Josette, notre charmante correspondante suisse, nous a propose de contacter afin de rendre visite a Nham le fondateur d'un dispen0saire de personnes agees et laissees pour compte. Louis est un accompagnateur et un traducteur hors pair, avec un petit accent helvete qui rend son phrase particulierement doux, en plus de sa gentillesse naturelle. Nham est un homme plus jeune et altruiste. Son devouement pour les pauvres et les rejetes est remarquable d'abnegation et de patience. Une trentaine de personnes ont trouve refuge a Duc Long. Ce jour, nous visitons les residants de l'asile, mais aussi des habitations tout juste sorties de terre pour des familles desheritees, enfin la tres belle ecole publique du village. Ce dernier temps fort est l'occasion de rencontrer un personnel souriant, devoue a la cause de l'enseignement et a la reussite des eleves. La vitalite et les sourires des enfants en temoignent. A regret, Josette n'a pu nous accompagner pour des raisons de delivrance de visa. Malgre cela, notre passage a Duc Long restera un moment marquant de notre voyage.


Duc Long - des residants du dispensaire


Duc Long - l'ecole primaire

Notre passage au Vietnam est aussi l'occasion de retrouvailles, notamment avec Monsieur Ly. Il est visiblement en pleine forme. Des le premier soir a Saigon, il propose spontanement de nous accompagner pour diner a l'exterieur pres du marche couvert Ben Thanh en plein milieu de Ho Chi Minh. Tout le monde mange dehors en toute decontaction, on se croierait en Espagne. Nous remettrons les couvert une seconde fois dans la semaine, pour notre plus grand plaisir.

Et Saperly que fait-elle ? En fait, elle a tres vite compris la vie ici.
Comme d'habitude, elle n'en fait qu'a sa tete et va de rencontre en rendez-vous sans se preoccuper de nous. Elle voulait decouvrir le monde, elle est servie la miss.


Ho Chi Minh Ville - la movida est en toi !


Monsieur Ly c'est lui !


Saperly et son lion vietnamien prefere, petit compagnon de route

Par rvetrv - Publié dans : Vietnam
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