Un stupa peut en cacher un autre

Publié le par rvetrv

A Rangoun, les grandes affiches publicitaires sur lesquelles figurent de beaux et jeunes gens, ainsi que la multitude des stupas recouverts de feuilles d’or, masquent mal la pauvrete des habitants. Le delabrement des infrastructures et les effets de la recente repression sont palpables. Dans tout le pays la main mise du pouvoir tente de s'emparer du fait religieux pour mieux assoupir les birmans. Les coupures d'electricite sont legion et generalement suivies par des concerts intempestifs de groupes electrogenes qui se declenchent a chaque coin de rue. Malgre cet inconfort et la chaleur, quel changement par rapport a l’Inde. Moins de monde, plus de place et de repos ... nous respirons ! En dehors de quelques propositions de change de dollars en kiats au detour des rues du centre ville et du Marche Bogyoke, les rabatteurs se font plutot rares et peu pressants. On trouve des informations fiables, des sourires certes ameres, cependant jamais refuses, ainsi qu'une relative proprete malgre les faibles moyens dont dispose la population.

 
Rangoun - Pagode Sule                                                 Rangoun - centre ville

Nous avions reserve a l’avance une nuit au Beautyland Hotel II situe entre la Pagode Sule (centre du soulevement des moines de l’an passé) et la Tour Sakora. Cette hotel offre l’avantage d’une situation ideale et un large choix de chambres allant de 8 a 20 dollars, petit dejeuner compris. Les trois jours de visite de la capitale economique du pays seront marques par une triple immersion d’abord culturelle au Musee National (choix judicieux en debut de parcours), puis religieuse a la Pagode Shew Dagon et enfin gustative avec les excellentes patisseries des paillottes proches de l’ambassade de France.

 
Rangoun - Pagode Shwe Dagon    


Rangoun - pots a eau

Apres Rangoun, une fois nos billets en poche obtenus non sans mal (les étrangers doivent les acheter dans une annexe située en face de la Tour Sakora et non a la gare centrale), nous prenons la direction du nord du pays par le train de 12h15. Imaginez pres de quatre cents kilometres sans trace de societe de consommation. Nous traversons des villages ou les habitants sont tout sourire a notre passage et ou les enfants se baignent dans les rivieres au milieu des cocotiers et des bananiers. Les maisons sont faites exclusivement de paille et de feuillages tresses et les rizieres et champs sont cultives a la seule force des hommes et de magestueux buffles.

 
Rangoun - gare centrale                                                           


Division de Bago - village rural

A deux heures du matin, nous nous retrouvons a patienter sur le quai de la gare de Thazi. Nous sommes coinces entre deux hauts parleurs crachant a tue-tete un simili de hard rock ... birman (si, si ca existe !). Dans l’attente du depart du petit train pour Kalaw, nous sympatisons avec des voyageurs curieux. Nous sirotons un café, puis deux, assis sur des mini-tabourets tels des marmots, typique dans ce pays. Peut-etre les habitants du Myanmar cherchent-ils finalement par ce biais a garder coute que coute leur coeur d’enfant ? Le train arrive vers cinq heures du matin, nous passerons une quasi nuit blanche. Peu importe,
le moment est unique.
Allez, en route casse-croute !

 
Kalaw - gare de Myintdint 


Kalaw - village Palau

Notre petit train est sur le point de froler le mur du son. La motrice de fabrication Alstom file imperturbablement vers la montagne a la vitesse de 15 kilometres par heure et fait partie de ces immanquables tape-culs qui nous sont si familiers depuis le debut de notre periple. Celui-ci possede cependant un charme tout particulier avec ses fenetres ouvertes aux quatres vents par lesquelles defilent un paysage ponctue de bourgades a flan de coteaux et de pagodes en equilibres. On est transporte cent ans en arriere. Ici, l’agriculture est restee au stade des charrues a buffles. Des femmes aux habits colores et aux joues blanchies par le tanaka (maquillage traditionnel birman) travaillent la terre, courbees, comme l’ont déjà fait des generations entieres. Il regne une authenticite ou le dur labeur est compense par la chaleur humaine et l’entraide.

 
Kalaw - village Danu                                               Kalaw - village Palau

Arrivé à destination, c'est une première, un wagon entier de voyageurs nous souhaite l’au revoir a renfort de sourires et de tata ! (bye bye en birman). Kalaw est une petite ville bigaree aux ethnies diverses et variees. On y trouve notamment de fortes communautes indienne et nepalaise. A l’hotel Golden Kalaw (8 dollars, en double, petit dejeuner compris), nous tombons d’accord sur les modalites d’une randonnee à pied sur mesure de deux jours incluant une nuit chez l’habitant. Johnny, notre guide, se revelera etre d’une grande disponibilite et d’une patience d’ange. Ses pratiques sont toutes entieres tournees vers un tourisme responsable soucieux de preserver le relationnel avec les populations autochtones, minorites Danu et Palau, et l’environnement ecologique.

 
Kalaw - Johnny notre guide et Herve D                     Kalaw - femme Palau fumant le cigare

Aux abords de l'Etat Shan, bien que tout soit pense dans un sens utilitaire, l’esthetisme prevaut. Sur des parcelles multicolores poussent entremeles des choux fleurs, tomates et lentilles, mais aussi des pieds d’alouettes, oeillets de poetes et asters pour decorer les monasteres et les statues du Bouddha. Notre nuit chez So Aoon, Monwi et leurs quatre enfants nous permet de toucher du doigt le quotidien de la minorite Danu dans une maison en teck montee sur pilotis et entouree de bambous geants. Nous profitons aussi de cette randonnee pour visiter les sites bouddhistes des environs, notamment la grotte d’or Shew Umin, le Bouddha de bambou Nyi Phaya, ainsi que la grotte de Myin Mati. En quete de depaysement, nous sommes combles.

  

Kalaw - village Danu                                         Kalaw - cultures Danu

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Elise 23/03/2009 22:23

Salut les gars! il faut boire du coca et manger du bon riz. Sinon vous n'arriverez pas au bout de ce magnifique périple. Vous ressemblez à Arielle Dombasle, il ne manque que la perruque de barbie.
Je vous embrasse bien fort sur ce qui vous reste de joues, Elizzze que vous retrouverez trés bientôt pour des news bien cochonnes sur votre mail privé

lydie 01/02/2009 12:30

Quel plaisir de vous retrouver ! Cette étape Birmane offre un dépaysement total à nos yeux d'occidentaux !!!