Adieu coquillages et crustaces ...

Publié le par rvetrv

Tout juste acclimates aux magnifiques plages ensoleillees du sud de la Thailande, aux sourires et a la nourriture variee et succulente de ce pays, nous devons tant bien que mal rejoindre le Laos. En definitive, tout se passe pour le mieux. Apres un trajet nocturne effectue en bus climatise jusqu'a Bangkok, au petit matin, nous rallions en taxi le gigantesque aeroport Suvarnabhumien de la capitale Thai pour un vol domestique cette fois-ci. Nous roulons a tombeau ouvert sur des autoroutes encore vides, au dessus d'une megalopole au reveil, afin d'embarquer comme prevu sur le vol Air Asia en direction d'Udon Thani au nord-est du pays. L'objectif est simple, il nous faut gagner avant le soir la petite et paisible ville de Loei, porte d'entree vers le Laos par la frontiere terrestre entre Thali et Ken Thao. Pour un passage en douceur, nous recommandons l'Hotel Orchid de Loei (450 bahts en double, tres propre, avec un tres bon accueil).


Thali - Notre dernier pick-up thailandais


Le lendemain, le soleil reste implacable. Visas en poche, nous entamons a bord d'un pick-up les quarante kilometres de route goudronnee nous separant encore de Thali. A proximite, un poste frontiere flambant neuf a ete recemment ouvert aux etrangers. Il nous permet de franchir a pied le pont qui enjambe la riviere Nam Heuang. Ce passage symbolique au milieu de nulle part est un moment fort dans notre voyage, car il nous ramene a une juste realite en nous rappelant l'existance de limites et frontières separant encore la plupart des peuples de cette planete.


Thali - le Laos a portee de main ...


Rivière Nam Heuang - a cheval entre Thailande et Laos


Une fois entres au Laos, nous refusons de monter dans un pick-up prohibitif et decidons de poursuivre notre chemin a pied. Toutefois, nous sommes rapidement rattrapes par un autre conducteur bradant finalement sa course jusqu'a Ken Thao, le premier village. En definitive, notre homme est le bienvenu, car nous prenons conscience que nous venons de presumer de nos forces en tournant les talons trop vite face a cette offre de service indecente. Quatre bons kilometres de pistes en plein cagnard sont necessaires pour rejoindre le petit village dont la gare routiere est assurement l'une des plus calmes que nous ayons connues jusqu'a present et ou se trouve une poignee de vehicules a moitie rouilles. Le rythme est soudain ralenti, tranchant avec la toute moderne Thailande que nous venons de quitter. Ceci ne nous empeche pas d'atteindre au soir Pak Lai, province de Sainyabuli, ensevelis sous la poussiere etouffante des chemins de terre et dans une ambiance de franche rigolade a bord, largement favorisee par l'absorption de lao lao, alcool de riz local qui decape le gosier. Au total, nous deplorons une crevaison, une roue devissee et finalement un changement de vehicule en fin de parcours. Malgre ces conditions plus que precaires, les laotiens gardent le sourire. Ils partagent une bonne humeur toute singuliere. Pourquoi devrions-nous reagir autrement ?


Province de Sainyabuly - sur la piste entre Ken Thao et Pak Lai


Province de Sainyabuly - transport en commun


Province de Sainyabuly - lao lao, le verre de l'amitie


Province de Sainyabuly


Apres deux jours de voyage a rebondissement et 240 kilometres de piste cabossee, nous arrivons a Sainyabuly dans un etat de salete extreme, mais bien heureux de participer au festival des elephants organise par l'association Elefantasia (www.elephantasia.com) dont l'objet est la preservation de l'elephant d'Asie et sa reintroduction dans la culture lao. Dans les faits, le Laos, initialement appele le royaume du million d'elephants, ne compte plus que 2.000 pachydermes sauvages et cette jeune nation est en passe de perdre une culture pourtant ancestrale.


Sainyabuly - petite fille lao


Sainyabuly - entre riziere et poussiere


Sainyabuly - Elefantasia et le festival des elephants


Sainyabuly - Elefantasia et le festival des elephants


Alors que nous nous attendions a participer a un fete plutot modeste et traditionnelle, nous sommes finalement embarques dans une immense manifestation populaire et moderne, relativement informelle, une sorte de "fete de l'huma" avec hauts parleurs crachant de la musique pop rock locale, stands en tout genre et gargottes proposant brochettes et soupes de nouilles pimentees. Plus de 80.000 personnes se rencontrent ici sur le theme de l'elephant. Les jeunes laotiens sont venus nombreux et l'animal constitue bien le centre d'interet de la manifestation grace a des promenades, la toilette quotidienne dans le fleuve a proximite, des demonstrations de travail de force et d'habilite et des ceremonies religieuses. Nous profitons au maximum de cet evenement populaire et colore en nous liant d'amitie avec des familles du village de Natanoy et en partageant quelques fruits et verres de Beerlao, la biere locale incontournable.

Le Laos nous ouvre chaleureusement ses portes, nous y penetrons avec un plaisir immense !
 

  

Sainyabuly - le "bain quotidien"              Sainyabuly - la Chine n'est jamais tres loin


  

Sainyabuly - basi (ceremonie religieuse)

 

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